«Le nom demeure
obscur: on a suggéré un domaine
gallo-romain appartenant à un certain Galapius (d'où Galapianum) mais
ce nom
n'est pas attesté [1]».
Dans le domaine gascon, on observe que «les noms de lieux suffixés en –anu(m) > an sont caractéristiques
de la colonisation romaine. Ils ont été
utilisés de la période «classique» jusqu’au temps des grandes
invasions» [2].
Cette étymologie, toute hypothétique, n’est cependant confirmée par
aucune
découverte sur le territoire de la commune d’éléments archéologiques
datant de
cette période.
Loin
de ces tentatives d'étymologie savante, le terme «galapian», sous l’une
ou l’autre de ses variantes
locales – galapia, goulapian, …qui se retrouve depuis l'aire du parler
gascon jusqu'à celles, lointaines, du normand ou du wallon -- désigne
un
goinfre, un
glouton, ou encore, par extension, un
vaurien, un galopin [3];
tant il est vrai qu’un galopin est doté d’un solide appétit: «(...) un méchant gars qui a le regard
mauvais, un «galapian» porteur de besace, possédé du démon et
meneur de loups»
[4]
En
Aquitaine,
ce sens péjoratif attaché à galapian a été renforcé par des évènements
historiques
particuliers survenus durant la Fronde : les atrocités commises
par le baron de Galapian: «(…) les
cruautés de ce seigneur furent un objet de terreur pour ses
contemporains à ce
point que son nom est resté légendaire dans la vallée du Lot comme dans
le
bassin de la Garonne et sur les rives du Gers où, pour désigner un
mauvais
drôle et un mauvais sujet on dit: c'est un Galapian ou un grand Galapian»
[5]
Voici
les faits, tels qu'ils se déroulèrent alors à
Langon : «En
1651, la ville devint pendant trois mois la proie d'un
nommé Galapian, colonel au service des
princes.
Après l'avoir ruinée, il laissa garnison dans le château. Indignés des
horreurs
commises par Galapian et sa troupe, les
habitants
conçurent l'audacieux projet de reconquérir
le château et s'en emparèrent; mais ce ne fut pas pour
longtemps.
L'ennemi revenu en force, rentra dans le château, et tout ce qui s'y trouva fut passé au fil
de l'épée ou
jeté dans la Garonne. Quand les troupes royales reprirent Langon, elles
trouvèrent l'église incendiée, la moitié des maisons en cendres ou
démolies, le
reste rendu inhabitable, les deux tiers de la population moissonnée,
l'autre
tiers en fuite et les campagnes voisines
en friche, faute de bras.» [6]
[1]
«Lot-et-Garonne : Origine des noms de lieux, villages, villes» par
J.-M.Cassagne et M.Korsak, Villeneuve-Sur-Lot, 2013.
[2]
«Toponymie gasconne», par B. et J.-J. Fénié, Edition
du Sud-Ouest, 2006.
[3]
Voir,
par exemple: http://www.etymologie-occitane.fr/2013/03/galampian-gamin-coquin/
[4] Extrait de «A quoi tient le salut d'un âme», par J.Nesmy
[5]
Voir Revue
de l’Agenais, T.27, p. 417, 1900. Le baron de Galapian dont il
est question était Pierre de Lusignan (1604-1692), fils cadet du
marquis François 1er de Lusignan.
[6]
«Histoire
de l'Agenais, du Condomois et du Bazadais » par Jean-François
Samazeuilh.