Les Paroisses de Galapian
Contenu |
Chapelains,
curés, dîmes et picotin
Le culte de Saint Christophe à
Galapian
La communauté protestante de Galapian
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La paroisse de Galapian est dédiée à Saint-Christophe. Elle possédait deux annexes : Notre-Dame de Quintran, à la limite Nord-Est de la paroisse, et Saint-Pierre de Pompejac, à la limite Sud-Est. Seule la paroisse Saint-Christophe subsiste de nos jours, ses deux annexes n’ayant par contre pas laissé de traces. |
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L’église paroissiale Saint Christophe date du XIIe siècle, pour ce qui est de sa nef et son chœur[1]. Elle constitue le seul élément d’architecture médiévale dans le village. |
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«Du côté de l'épitre, il y a une chapelle dédiée à Notre-Dame, voûtée [Voir vue ci-contre]. Du côté de l'évangile, il y a une autre chapelle dont on ne sait pas le nom et dont la voûte est crevée»[2] Cette extension de l’église Saint-Christophe doit être un peu antérieure à 1525, date à laquelle une chapellenie est fondée par Guy de Stuer, alors seigneur de Galapian[3]. «La dotation de ce bénéfice était de 30 sacs de blé et de 30 barriques de vin»[4]; Les deux nefs latérales, de deux travées chacune sont voûtées de liernes et tiercerons typiques de cette époque (leur mise en couleurs paraît par contre tardive et sujette à caution). |
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Les
lettres A et M de part et d’autre du monogramme ST peuvent peut-être,
dans cette chapelle dédiée à Notre-Dame, se référer à l’Ave
Maria ou, plus probablement, à l’Ave
Maris STella, hymne marial déjà populaire à cette époque;
cette hypothèse étant renforcée par le fait qu’une étoile figure sur une
autre clé de la même voûte. (voir vue ci-contre). |
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La clé de voûte du bas-côté NO est ornée d’un monogramme qui reste à interpréter: IHS? (ci-contre, à gauche). La voûte du bas-côté NE (ci-contre, à droite) est également ornée de clés de voûtes sculptées représentant, au centre, une rosace entrelacée à six branches, et, aux bouts des quatre liernes, trois fleurs de lys, une rosace à huit branches, un cœur et, pour la dernière, un croissant entre quatre besants. Hormis les fleurs de lys, l’interprétation de ces motifs n’est pas claire |
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«Je m'acheminai au lieu [de Galapian] que je trouvai fort ruiné avec de belles marques que c'était autrefois un beau lieu soit pour l'église soit pour le bourg. La principale église est fermée dans un grand clos de murailles, est à demi découverte par le Nord, le reste est une voûte assez grande, prête à être couverte, deux grandes chapelles à côté couvertes; en l'une qui s'appelle de Marcon, il y a quelque fondation et la sépulture des fondateurs. L'église ferme, il y a des fonts, des ornements nécessaires, crémières[5], registres, etc.»[6]
La chapellenie fondée en 1525 ne dut cependant pas survivre aux guerres de religion, virulentes dans l’Agenais, car, par un acte du 7 novembre 1652, une chapellenie est fondée à Galapian «par haut et puissant seigneur messire François de Lusignan, marquis du dit lieu, baron de Galapian et Monbalen, lieutenant général des armées de Sa Majesté en province de Guienne, lequel, considérant les grands biens et excessives grâces que la bonté divine luy a desparties et despart incessamment…. »[7]
Le baron de Galapian en question était alors François II de Lusignan, En fait de «grands biens et excessives grâces» il faut se rappeler qu’en 1652, il y avait à peine deux ans que François II de Lusignan avait vu son château familial à Lusignan détruit de fonds en comble par le Duc d’Epernon, et que, quatre ans plus tard exactement, le 15 novembre 1656, il fut condamné à mort pour crime de lèse-majesté, et décapité ensuite à La Réole. La fondation de la chapellenie de Galapian n’était sans doute pas étrangère à la situation d’insécurité dans laquelle se sentait François II de Lusignan, et du désir qu’il avait d’assurer le salut de son âme.
Les dîmes perçues à Galapian ont donné lieu à de nombreuses tractations entre d’une part les seigneurs laïcs qui, au fil du temps, se les étaient appropriées, et, d’autre part, l’évêché qui tentaient de les consolider au sein de son patrimoine. Entre 1229 et 1310, pas moins de dix «restitutions» de dîmes ou de portions de dîmes ont été enregistrées pour Galapian [8]. Ainsi, en février 1251, Guillaume de Bonneville, mari de Comtesse de Rovignan, donne à l’évêque d’Agen «sa part et portion» des dîmes sur Galapian et Lusignan. La même année, le même Guillaume de Bonneville, devenu veuf, donne, tant pour sa défunte épouse que pour lui-même, «toute la portion qu’elle avait» dans les dîmes de Galapian et de Lusignan[9].
Si la dîme de
Galapian pouvait
donner lieu à de tels fractionnements, c’est qu’elle devait être d’un
rapport
suffisamment conséquent. Au XVIIe siècle, on relève que «la
dîme de tous les fruits se paie au onzième. Le curé prend tout le
revenu qui est exactement 6.000 livres. (…).[10]. «En 1720, le revenu de la dîme était de
6.108 livres avec les suites La garde pile[11]
avec un hangar en dépendant, d'une valeur locative de 19 livres, fut
vendue 342
livres pendant la révolution. Le curé jouissait de 2 picotins[12]
de terre, près du bourg, estimé à 88 livres. Il y avait un presbytère
qui ne
fut pas aliéné pendant la Révolution et qui fut rendu à sa destination
après le
concordat»[13].
Un revenu annuel de 6.000 livres est en effet considérable[14], 20 à 30 fois supérieure à la «portion congrue» de l’époque, ce «smic» du curé de base sous l’ancien régime, il est vrai considérablement et constamment sous-évalué par rapport à ses besoins financiers normaux.
Au milieu du XVIIe siècle, la cure de Galapian est mentionnée comme relevant des bénéfices de l’abbaye bénédictine de Clairac, au même titre que 19 autres cures de la région, et 7 prieurés[15].
Au XVIIe siècle, « (…) Parmi les curés de Galapian on peut citer Claude Gélas, archidiacre de Saint Etienne et depuis évêque d'Agen»
«Le curé de Galapian, François Denis, était conseiller clerc au Parlement de Bordeaux et faisait sa résidence habituelle dans cette ville[16]».
«Pendant un temps, les Denis affermèrent ainsi les dîmes de Galapian; (…) Jean Freron arrête en 1689 ses comptes de fermier des dîmes de Galapian ; il était associé, pour les faire rentrer, avec Orliac, Thore et Pomeyrol. Freron se trouve en avance sur ses collègues, qui doivent payer le complément au sieur Denis, conseiller clerc, et au curé de Galapian. (…).Comme marchand, Freron s'associe avec le notaire de Saint-Pairolle, paroisse de Galapian, M. Batailh. Ils achètent et vendent du vin; en 1690, les frères Carmentrand leur réclament cinq cent cinquante livres dues sur un achat de vin ; ils envoient une assignation à Freron et à Batailh. Freron répond par un acte notarié qu'il a payé sa part et que la réclamation ne concerne que Batailh. Sur cet acte il est qualifié : «bourgeois et marchand et notaire royal de Clairac» ; son collègue : «Louis Batailh, bourgeois et marchand et notaire royal à Galapian »; ces deux fonctions n'avaient alors rien d'incompatible (…)»[41]
Le 3 juillet 1772, une transaction
est enregistrée devant notaire entre Messire Antoine Duroux, prêtre,
docteur en
théologie, curé de Galapian, de Notre-Dame de Quintran et Saint-Pierre
de
Pompéjac, ses annexes, et les paroissiens de Galapian, sur un procès
pendant
devant la Cour sénéchale d'Agen relativement à la dime [42].
Le culte de Saint Christophe à Galapian |
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Saint Christophe est représenté deux fois dans la paroisse de Galapian : une première fois, par une statue nichée dans le chœur, et, une seconde fois, dans un tableau, en assez mauvais état, dans la nef. «Tout
le monde connaît le miracle en mémoire duquel les peintres et les
sculpteurs ont coutume de représenter saint Christophe portant le
Christ enfant sur ses larges épaules, et semblant ne marcher qu'avec
peine, quoiqu'il ait pour s'appuyer un long bâton .ou plus souvent un
arbre garni de tous ses rameaux, pour rappeler que ce bâton, fiché dans
le sable après l'apparition de l'Enfant Jésus, fut trouvé le lendemain
fleuri comme un palmier et couvert de dattes. (…) |
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«Les forts.de la halle, les portefaix, les foulons avaient foi en ce saint, modèle de patience, de force, de charité et de mansuétude; aussi marchaient-ils sous sa bannière. [de même que] ceux de la corporation des fruitiers, qui l'avaient eux aussi pour patron. Ils le priaient sans doute de bénir leurs travaux et de les faire fructifier, de même que Dieu avait béni les siens en faisant porter des feuilles et des fruits à son bâton, compagnon de toutes ses peines.[17]» |
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Le Saint Christophe dédicataire de la paroisse de Galapian était-il ce géant porteur du Christ et patron des voyageurs, ou bien plutôt, ce saint au bâton fleuri, patron des fruitiers ?
Typiquement, les églises dédiées à Saint Christophe se retrouvent sur les voies de passages – en particulier le long des anciennes chaussées romaines -- ou les points de passages dangereux, tels que les gués. Parfois, sur les chemins de pèlerinage, Saint Christophe est d’ailleurs associé à Saint Jacques[18].
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Quelques cas représentatifs, en Aquitaine: · Saint Christophe, près de Bergerac, hameau de Roumanière dont le nom est évocateur de son passé romain; · Saint-Christophe de Lafox, du XIIe s, au passage du gué de la Séoune à l'endroit où elle se jette dans la Garonne ; · Saint Christophe de Fréchou, ou un ancien pont, dit «romain» (photo ci-contre) permet de franchir l’Osse ; · Saint-Christophe, à Villeton, non loin d’une branche de la voie romaine Agen-Bordeaux longeant la Garonne. |
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Saint Christophe de Galapian ne semble correspondre à aucun de ces archétypes: aucun cours d’eau à franchir, situation à l’écart des antiques voies romaines qui suivaient le cours de la Garonne ou du Lot. Peut-on dès lors suggérer l’existence d’un ancien diverticulum, «chemin des crêtes» sur le plateau du Pays de Serres, reliant les castrums médiévaux de Galapian, Frégimont, Prayssas, Floirac[19], Cours, et, par-delà, Pujols où le passage d’une voie antique est attesté ?
On dispose de peu d’éléments historiques à l’appui de cette hypothèse.
Dans les coutumes de Galapian[20], datant de 1268, il est bien fait mention d’un «chemin public» et d’un «chemin de Miramont», mais rien n’indique que ces chemins n’étaient pas de simples dessertes locales.
Dans ses mémoires, Blaise de Montluc, rapporte cependant être passé par Galapian, lors de sa campagne de 1562 contre les protestants:
«(…)
Et nous acheminasmes droit à Villeneufve
d'Agenois & trouvasmes le tout révolté. Puis vinsmes à un village
nommé Gallapian près du port Sainte Marie
& trouvafmes auffi le port Sainte Marie révolté; car ces gens
avoient fait
leur entreprinse de longue main. Ils estoient fort secrets.(…) »[21]
Si donc Blaise de Montluc, chef de guerre du parti catholique, sur le chemin entre Villeneuve et Port-Sainte-Marie, se trouva passer par Galapian, avec ses troupes et son charroi, c’est qu’à l’époque Galapian ne se trouvait pas complétement à l’écart de tout sentier battu. Remarquons que le fait que le seigneur de Galapian ait été alors Henri de Lusignan, un des chefs du parti protestant et parmi les proches de Henri de Navarre, n’était peut-être pas étranger au passage de Blaise de Montluc. Peut-être certains comptes se sont-ils réglés à cette occasion entre les deux champions des partis catholique et protestant?
Mais, au moyen-âge, le passage était-il suffisant pour drainer les profitables oboles des pèlerins et des marchands? La question reste posée.
Des arbres fruitiers étaient cultivés à Galapian au moyen-âge: les coutumes prévoient en effet des sanctions à l’égard de tout «qui tailhera l’aultrui fructier en jardrin ou en vigne ou en pré [22]».
Mais Galapian, «paroisse située en pays de grains & de vignobles» comme décrit au XVIIIe siècle, a-t-elle connu une activité arboricole significative au moyen-âge, justifiant le choix d’un saint protecteur des récoltes fruitières? Ici encore, la question reste posée.
Notre-Dame de Quintran |
Il y avait depuis le moyen-âge une église à Quintran, dédiée à Notre-Dame.
Dès le début du XVIIe siècle, à l’issue des guerres de religions, cette église était en ruine: «L'église d'Intrans (sic) est toute découverte; elle ne ferme à présent»[23]
Avant la fin du siècle, «Il ne reste de cette église qu'une masure de 18 pas de long sur 6 de large, toute découverte, pleine de ronces et d'arbres. Les murailles sont à mi-hauteur, il y a un clocher à une ouverture»[24], ce que confirme un témoignage quelques années plus tard : «Il n'y a rien de couvert, partie des murailles est par terre, le reste menace ruine».[25]
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«En 1810 le conseil municipal demanda à aliéner l'église de Quintran, annexe sans titre légal, pour le produit être employé à réparer l'église de Galapian» [26] Il ne reste plus trace de la petite église dans le parcellaire de 1837. |
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Quelques siècles auparavant cependant, Notre-Dame de Quintran avait fait l’objet d’un incident qui lui valut de figurer dans les annales judiciaires royales anglaises et du parlement de Paris :
«Notre-Dame de Quintran est citée dans un écrit, daté du 15 janvier 1280: il s’agit d’une donation au roi ďAngleterre, Edouard 1er, par Giraut de Galapian, Jean Delmator, Guilhem del Caslar et В. Barba», tous solidaires et de libre volonté. La donation a été actée en présence de Jean de Grailly, chevalier, sénéchal de Gascogne et d’Agenais et fondateur de nombreuses bastides, et d’Augerius Mota, chevalier, sous-sénéchal d’Agenais.
«d'une pièce de terre sise dans la paroisse de Sainte-Marie de Giuntra, du diocèse d’Agen, qui se situe entre la terre de Gaucelmus del Mator, du côté supérieur, et la terre de Pierre de las Correias, d’Ayquelmus de Bitur et de Guillaumette, sa femme, du côté inférieur, et la terre de Guillaume de Guintra d’un côté, la terre du même Guillaume de Guintra, d’Arnaud Maurini et d’Etienne Bathalher, de l’autre côté» [27].
Nous sommes ici en pays de connaissance: Parmi les donateurs, B. Barba et Johannes del Mator correspondent au B. Barbe et au Jehan du Mators, tous deux prud’hommes de Galapian signataires de la charte des coutumes de 1268. Gaucelmus del Mator et Petrus de la Correias, dont les terres jouxtent le terrain concédé dans l’acte sont le Galcemps del Mators et le P. de las Correias, eux aussi signataires des mêmes coutumes. Les patronymes des autres donateurs – de Galapian, del Caslar -- se retrouvent également parmi les prud’hommes signataires de la charte.
Ce document est doublement intéressant: une telle donation est en effet typique d’une transaction en vue de la fondation d’une bastide. Ensuite, il suit de quelques mois à peine la restitution de l’Agenais par Philippe III le Hardi à Edouard Ier, le Roi-Duc Plantagenêt, par le traité d’Amiens, le 23 mai 1279[28]. En outre, cette donation a donné lieu à une procédure judiciaire entamée devant la cour de France par Bernard de Rovignan, seigneur de Galapian, à l’encontre du Roi d’Angleterre, bénéficiaire de la donation.
Saint-Pierre de Pompejac |
Pompejac occupe le haut d’une combe orientée Ouest-Sud-Ouest. Le toponyme Pompejac remonte indiscutablement à la période romaine, bien qu’aucune trace, ni archéologique ni documentaire[29], ne semble remonter à cette époque.
La paroisse Saint-Pierre de Pompejac est citée dans les coutumes de 1268. Le seigneur, Bernard de Rovignan, y possédait un bois qu’il réservait à son usage propre:
[§66] «Comme tous les boys du seigneur sont au service des hommes de Calapian, sauf le boys de Pompejac.
Et que tous les hommes et les femmes de Calapian ou dedans les dexs ayent leur chaufage en tous les boys du seigneur de Calapian et que de present et par advant en puissent prendre ------------- et fustes à leurs vaysseaulx et à leurs propres usaiges par tous lieux, sauf le boys que ledit seigneur B. de Rovinha ha en la paroisse de Sainct-Pierre de Pompejac.»
Bien plus tard, au XVIIe siècle, «l'église de Pompejac est une petite chapelle couverte et fermée [30]», et «Cette église, est longue de 10 pas, large de 8. Il n'y a ni fonts, ni chrémière, ni registre: tout se fait à Galapian. ll ne se dit point la messe ici que pour le Patron et le mercredi des Rogations[31]».
Le 24 septembre 1546, Gabrielle Estuer, fille de Guy d’Estuer, seigneur de Galapian, épouse, devant Gauteron, notaire royal à Galapian, Michel de Boudon, capitaine, écuyer, sieur de l'Hoste. Elle apporte en dot la terre de Pompejac, détachée de celle de Galapian, et Michel de Boudon devient le premier seigneur de Pompejac.
Le 2 janvier 1774,
un accord est
enregistré devant notaire entre ledit curé et les paroissiens de
Galapian,
d'une part, et noble François de Boudon, écuyer, sieur de Pompejac,
relativement aux réparations à faire à l'église Saint-Pierre de
Pompejac [32].
«En 1776, c'est le domaine de Pompeijac, vendu par noble François Boudon de Pompeijac, écuyer, habitant ledit lieu de Pompeijac, juridiction de Galapian. Ce bien comprenait château, métairie, terres, etc. D'après une lettre d'un abbé, M. Merle, M. Denis paraît avoir payé sur cet achat une rente à Mme de Pompeijac, en dissentiment avec son noble époux»[33].
Après la révolution, Pompejac conserva son statut de commune, jusqu’à sa fusion avec la commune de Galapian, en mars 1839.
La communauté protestante de Galapian |
«Au commencement du règne de Louis XIII, les réformés construisirent un temple [à Galapian] sur les terrains situés entre une rue et les fossés de la ville L'emplacement du temple et d'un cimetière contigu avait été donné par François de Lusignan» (G.Tholin).
Il y eut, le 26 juin 1576, une assemblée préparatoire des Etats d'Agenais, dans laquelle un incident fut soulevé par les délégués de quatorze villes protestantes ou catholiques unies, dont Galapian représenté par le consul Guillem Sollagon:
«Pour les habitans de leur sd. juridiction, par responce aux poinctz proposés par messieurs les sindicz d'Agennois,Disent qu'atendu qu'ilz sont de la religion pretendue réformée et catholicques unys et que lesd. sieurs scindicz sont catholicques, ilz desirent et pretendent de eslire personne de leur unyon et religion pour se presenter et assister aux estatz provinciaulx de Guienne que monseigneur de Monluc, mareschal de France, faict convocquer en ceste ville d'Agen, veu que la Roy permet par ses eddictz qu'en puissent faire en pareille charge.» [40].
En 1668, «Il y a ici 180 communiants et 100 huguenots qui ont un temple éloigné de l'église de 20 pas où il font leurs prière sans prêche, n'y ayant point de ministère. Ledit temple est bâti sur les fonds de l'église» [34]. On sait cependant, par la relation de l’enlèvement d’Olympe de Lusignan, en 1630, qu’à cette époque le prêche se pratiquait au temple de Galapian.
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«Les protestants de Galapian et d'Unet furent condamnés à démolir leurs temples dans un délai de quinze jours. Les autres Eglises obtinrent un délai d'un à deux mois»[43]. |
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Ce jugement, arrêté par Claude Pellot[36] statuait que c’était «le bon plaisir du Roy d’ordonner que l’exercice public de la religion prétendue réformée sera interdite dans Galapian et le temple (…) démoli jusqu’au fondement». Ce jugement était justifié par le fait que «le seigneur de Galapian étant maintenant catholique (…) depuis quelques années, il n’y a plus d’exercice de la R.P.R.[37] dans ledit temple»[38].
La communauté protestante de Galapian se réduisit en effet, au point de ne plus représenter que 12 habitants sur les 628 recensés en 1843[39].
[1] Une description, des plans et des photos de l’église Saint Christophe de Galapian figure dans l’Inventaire Mérimée sous la Référence IA47000891.
[2] Voir le «Verbal» de Claude Joly, 1668, cité par le chanoine Durengues. Les présentes pages sur les paroisses de Galapian doivent beaucoup aux notes du chanoine Durengues disponibles sur le site internet des Archives Départementales du Lot-et-Garonne.
[3] Voir «L'église d'Agen sous l'ancien régime: pouillé historique du Diocèse d'Agen pour l'année 1789», par A.Durengues, 1894. Guy de Stuer y est qualifié d’«anglais», à tort et par confusion avec les Stuart.
[4] Mentionné par le chanoine Durengues.
[5] Chrémière : armoire dans laquelle sont conservées les huiles pour le baptême ;
[6] Mémoire de Nicolas de Villars, 1604, cité par le chanoine Durengues ;
[7] Voir Revue de l’Agenais, T.8, 1881.
[8] Voir Bulletin philologique et historique jusqu'à 1610 du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1965.
[9] Voir De la communauté d'origine des Lusignan d'Agenais et des Lusignan du Poitou, par Jean-François Samazeuilh, 1868, p.21, et Lusignan-Grand, par Dubernet de Boscq, 1867, p.60.
[10] Voir ouvrage de A.Durengues, ci-dessus.
[11] Garde-pile s. m. — «Ancien nom local, usité dans le Bassin Aquitain pour désigner le bâtiment de la ferme où l'on abritait chaque soir, après le battage du blé au fléau et. son vannage, le tas, la pile de grains recueillie au cours de la journée. Le garde-pile devait être sec et protégé des rongeurs et des insectes nuisibles».Voir «Vocabulaire de Géographie agraire» par P. Fénelon, 1966.
[12] A Galapian, 1 picotin valait 1,83 are. Voir «Tables des rapports des anciennes mesures agraires avec les nouvelles» par François Gattey, 1812.
[13] Voir ouvrage de A.Durengues, ci-dessus.
[14] A titre de comparaison, la prébende du doyen de Notre-Dame de Paris s’élevait, vers 1648, à 5.000 livres. Voir «Pouillé général contenant les bénéfices de l'archevêché de Bordeaux, et des diocèses d'Agen, …», 1648. En 1790, les dîmes affermées par le chapitre de Saint-Eienne d’Agen: Montpezat et Quittimont : 1.600 livres ; Castelmoron et Laparade : 3.650 livres, Fraisses et Madaillan : 452 livres ; Cardonnet : 3.019 livres.
[15] Voir «Pouillé général», 1648 ;
[16] Voir «Histoire de Messire Claude Joly, évêque et comte d'Agen (1610-1678)», par Pierre Hébrard, 1905.
[17] Voir le Culte de S.Christophe dans nos provinces, par A. Peladan, 1880.
[18] C’est le cas en Ile-de-France : à Paris, où une église l’église Saint-Jacques-Saint-Christophe existait à l’angle de la rue des Flandres et de l’ancienne rue Saint-Jacques, Eglise Saint-Jacques-Saint-Christophe à Villiers-sur-Marne, l’Eglise Saint-Jacques-le-Majeur et Saint-Christophe d’ Houdan.
[20] Voir l’article 64 des Coutumes de Galapian..
[22] Voir l’article 76 des Coutumes de Galapian
[23] Mémoire de Nicolas de Villars, 1604, cité par le chanoine Durengues ;
[24] Verbal de Claude Joly, 1668, idem ;
[25] Verbal de l’archiprêtre, 1693, idem ;
[26] Chanoine Durengues, sur base d’une lettre du curé Aché à l'évèque, octobre 1810.
[27] Voir Documents relatifs au Périgord, à l'Agenais et à la Saintonge, Bibliothèque de l'école des chartes 1890 Vol. 51, pp. 298-304. La localisation de «la paroisse Sainte Marie de Guintra» a posé quelques problèmes aux historiens. Y.Dossat, dans son livre «Saisimentum comitatus Tholosani», p.272 la situe aux environs de Valence d’Agen, près de Cornillas: «Le sénéchal Jean de Grilly décida de construire une bastide a Cornillas et sur les territoires voisins de Beata Maria de Guintra et de Bordes». La correspondance des noms des donateurs et de leurs voisins cités dans cet acte permet sans conteste d’identifier cette paroisse à Quintran.
[28]
Voir «Foedera, conventiones, literae, et
cujuscunque generis acta publica», par Thomas Rymer, T.2, p.179.
Certains
historiens datent l’acte de donation de Notre Dame de Quintran du 15
janvier
1279, ce qui est peu vraisemblable, Edouard I n’étant pas encore
redevenu le suzerain
de l’Agenais à cette date.
[29] On retrouve cependant le toponyme Pompejac dans les écrits anciens:: «Pendant la septième année du règne nominal de Thierry IV, dit de Chelles, en 733, peu de temps après la défaite d Abdérame et des Sarrazins par Charles Martel, un homme de condition , extrêmement riche , nommé Nizezius, fit, conjointement avec Ermentrude , sa femme, donation à l'abbaye de Moissac de vingt villages avec leurs terres, situés partie dans le Toulousain, partie dans le pays des Nitiobriges ou l'Agenais, et deux en Novempopulanie , auprès d'Eause, avec les églises , les serfs, ainsi que tous leurs droits féodaux, en se réservant seulement de disposer en faveur de leurs héritiers de cinq villages et châteaux du nombre desquels était Pompéjac , près le Port-Sainte-Marie» ; Extrait des «Annales de Villeneuve-sur-Lot et de son arrondissement» par Auguste Cassany-Mazet. Il s’agit cependant là très vraisemblablement du Pompejac, nom romain du Mas d’Agenais, où la présence romaine a laissé des traces importantes, et non du Pompejac, hameau de Galapian.
[30] Mémoires de Nicolas de Villars, 1604, cité par le chanoine Durengues ;
[31] Verbal de Claude Joly, 1668, idem
[32] Voir Archives notariales du Lot-et-Garonne, Minutes du notaire D. Carmentran à Port-Ste-Marie, 1774, ref. 3 E 905/7.
[33] Extrait de «Les Denis : une famille bourgeoise de l'Agenais du XVIIe au XVIIIe siècle», par H. de Bellecombe, 1894.
[34] Verbal de Claude Joly, 1668, cité par le chanoine Durengues.
[35] Voir «Mémoire du clergé de France», 1847, cité par le chanoine Durengues.
[36] Claude Pellot «seigneur de Port-David et Sandars, conseillé du Roy en son conseil, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, intendant de la justice, police, et finance, et généralité de Guyenne».
[37] R.P.R. : Religion Prétendue Réformée qualifiant le protestantisme. Il s’agit probablement d’un des premiers acronymes de la politique française.
[38] Voir le «Partage d’avis au sujet de l’exercice de la R.P.R» relatif à Galapian (Archives Nationales, cote TT 244, dossier 4). «Avant la révocation de l’édit de Nantes, –à partir de 1661 environ –, dans le cadre d’une application stricte de l’édit, notamment à l’occasion des procédures intentées contre eux par le clergé, les protestants, souhaitant prouver l’ancienneté de leurs églises et prévenir l’interdiction de l’exercice du culte ou la démolition de leurs temples, fournirent à l’examen des commissions mi-parties (un commissaire catholique et un protestant) préposées à la connaissance des infractions à l’édit de Nantes, en original ou sous forme d’extraits et copies collationnées, leurs documents les plus anciens qui, souvent, ne leur furent pas rendus. Ces procédures, aboutissant à des partages d’avis entre les commissaires, qui devaient être «vidés» soit tranchés ultérieurement par arrêt du Conseil du roi». (source : site des Archives Nationales).
[39] Mention par le chanoine Durengues.
[40] Voir les Archives historiques du département de la Gironde, T.29, 1894
[41] Voir «Les Denis, une famille bourgeoise de l'Agenois du XVIIe au XVIIIe siècle»,par Mlle H.de Bellecombe, 1894
[42] Voir Archives notariales du Lot-et-Garonne, Minutes du notaire D. Carmentran à Port-Ste-Marie, 1772, ref. 3 E 905/5.
[43] Voir «Chronique des églises réformées de l'Agenais», par A.Lagarde, 1870, p. 209