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Les seigneurs de Galapian

La seigneurie de Galapian fut aux mains de deux familles qui eurent leur importance au niveau de l’Agenais : la première au XIII e siècle, les Rovignans, la seconde aux XVIe et XVIIe siècles, les Lusignans.

Entre ces deux épisodes, au XVe siècle, Galapian releva successivement de deux personnages appartenant à l’entourage immédiat du roi de France, depuis avant même leur avènement, et qui furent singulièrement favorisés par ceux-ci : le premier, Poton de Xaintrailles, fut «maréchal de France» de Charles VII, le second, Jehan de Stuer, fut nommé sénéchal du Limousin par Louis XI.

Contenu

Les premiers seigneurs de Galapian. 2

Les Rovignan. 2

Poton de Xaintrailles. 3

Les Stuer. 6

Jehan de Stuer. 6

Guy de Stuer. 9

Les Brunet 9

Les Boudon de Pompejac. 9

Les Lusignan d’Agenais. 11

Jean de Lusignan. 11

Henri de Lusignan. 11

François I de Lusignan. 12

François II de Lusignan. 14

Pierre de Lusignan. 15

Les seigneurs de Galapian aux XVIIe et XVIIIe siècles. 17

Les Balguerie. 17

Autres familles présentes à Galapian. 19

 

 

Les premiers seigneurs de Galapian

 

On ignore quels furent les premiers seigneurs de Galapian, jusqu’au XIIe siècle. Dans la charte des coutumes de Galapian, datant de 1268, on relève, parmi les 50 «prud’hommes» signataires de la charte, des patronymes de Galapian et des de Quintran. Il est possible, mais rien ne vient le confirmer, que ces personnages appartiennent à d’anciennes familles de seigneurs locaux.

Les Rovignan

Les premiers seigneurs de Galapian dont on ait conservé le nom sont les Rovignan :

·         Avant 1240, Raymond Bernard de Rovignan «Possède des droits sur Galapian, Lusignan et Hauterive». En 1240, sa veuve, Studia donne à l’évêque d’Agen tous les droits qu’avait son mari sur la terre de Galapian et « toutes les dîmes sur Lézignan et Hauterive.» [1] ;

·         En 1259, Bernard de Rovignan, chevalier, rend hommage au nouveau comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers, pour ses seigneuries de Galapian et de Castelculier, ainsi que ses possessions à Buzet, Miramont-d’Aiguillon et Port-Sainte-Marie «et Pour tout cela, il devait deux hommes de guerre et l’hommage»[2].
Ce même Bernard de Rovignan accorde, en 1268, la charte de coutumes aux habitants de Galapian.

Ultérieurement, on rencontre encore des Bernard de Rovignan en 1281, dans une action en justice menée au Parlement de Paris contre le Roi d’Angleterre Edouart I, et, en 1287, dans une vente au même Roi d’Angleterre, la «milicia et motalia» de Toujouse-la-Blanche, au diocèse d'Aire. On ignore s’il s’agit du même Bernard que celui des coutumes de 1268. En 1289, par contre, un autre Bernard de Rovignan, damoiseau cette fois, est seigneur pour partie de Buzet et fut impliqué dans une sordide affaire de violences envers le prieur de Buzet, ce qui attira sur lui les foudres de la justice du Roi-Duc d’Angleterre. Ce Bernard devait être le fils du précédent, et il n’est pas mentionné comme seigneur de Galapian.

En tout état de cause, en 1295, parmi les signataires de la charte des coutumes accordée par Philippe le Bel au bourg Lunac d’Aiguillon, on relève un «Arn.de Calapiano», sans-doute comme représentant de Galapian [3]. Cet Arnaud de Galapian devait être un descendant d’un des deux Arnaud de Calapian, cousins, signataires de la charte des coutumes de Galapian, en 1268.

Parmi les multiples destinataires d’une lettre des représentants d’Edouard II -- datée de 1315 --  on relève un «Ramffredo de Binalmont Militi, Domino de Calapiano» [4]; L’histoire n’a pas laissé d’autres traces de ce chevalier Ramfredus de Binalmont, seigneur de Galapian. Pourrait-il être identifé comme (l’ascendant de) ce Ramfredus de Monte Pesato – Rainfroid de Monpezat – co-seigneur de Lunac, à Aiguillon au milieu du XIVe siècle? [5]Ce serait dans la logique des choses que Galapian soit tombé à l’un ou l’autre moment de son histoire, dans le domaine de la famille, voisine et puissante, des Montpezat.

On ne trouve plus aucune mention de Galapian ni de son seigneur jusqu’au milieu du XVIe siècle, avec Poton de Xaintrailles.

 

Poton de Xaintrailles

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Jean Poton, seigneur de Xainrailles (ou Saintrailles, ou Sainte-Treille), était un simple gentilhomme de Gascogne. Dans les querelles du duc Jean de Bourgogne et du parti d'Orléans, qui avait pris pour chef le jeune Dauphin, depuis Charles VII, Xaintrailles combattait contre les Bourguignons. Au commencement de 1419, il était avec Pierre de Xaintrailles, dont sans doute il était parent, dans le château de Coucy;

 

Xaintrailles était non pas un général, mais un vaillant chef de bande, ou, comme on disait alors, de compagnie. Ils n'étaient lors, dit une chronique, que quarante lances, lesquelles n’épargnaient ni leur corps, ni leur chevaux : c’étaient pour la plupart des Gascons qui sont bons chevaucheurs et hardis. Avec de tels compagnons, Xaintrailles, ayant pour lieu de retraite quelque château fort, courait la campagne, détroussait les compagnies ennemis, arrêtait les convois, et s'en allait piller les villes du parti contraire. Ce fut ainsi qu'il acquit la renommée, non-seulement de bravoure, mais de grande habileté dans le métier des armes.[6]

 

 

 

 

La Hire et Poton de Xaintrailles

 

 

Jean Poton de Xaintrailles fut maître de l'écurie royale de 1429 à 1454. Le maître de l'écurie a 1.200 livres par an; il a dans ses fonctions, avec la direction générale du service, «l'habillement d'orfèvrerie touchant le fait de la guerre». C'est vers 1430 qu'il reçoit le titre officiel de «grand écuyer». Il fut le premier à qui ce titre fut donné. Lors de l'entrée solennelle de Charles VII à Paris, le 12 novembre 1437, c'est lui qui portait le heaume doré du roi [7].

Il fut employé dans la guerre de Guyenne en 1450.

A cette même époque, Isabelle de Ferriol, dame de Montpezat «vendit sa seigneurie de Tonneins Dessous à Amanieu de Madaillan, surnommé le baron, seigneur Aquitain, dévoué au roi d'Angleterre. Amanieu étant tombé entre les mains du roi de France, ce monarque retint en dépôt la seigneurie pour la remettre à qui il serait ordonné par le parlement de Toulouse. Alors il s'engagea devant ce parlement un procès entre Isabelle de Ferriol, les héritiers d'Amanieu de Madaillan et le Procureur-général, sur la question de savoir à qui demeurerait la baronnie de Tonneins. Le procès se poursuivait, lorsque par lettres-patentes datées de Tours, le 31 mars 1450, le roi Charles VII»:

«en considération de ce que Poton sire de Xaintrailles, son amé et féal conseiller et premier écuyer de corps, allait dans le pays de Guienne, sur la frontière des ennemis, et de ce que par lui, qui était du pays, la terre et seigneurie de Tonneins, sur la rivière de Garonne et en pays de frontière, serait plus sûrement et mieux traitée que par autre, ordonna que, incontinent, la garde, administration et gouvernement de ladite seigneurie fussent délivrés audit Poton de Xaintrailles, durant le procès, et jusqu'à ce que par le roi ou le parlement il en fût autrement ordonné. »

«Ces lettres furent entérinées au parlement ; Xaintrailles fut mis en possession de son gouvernement, et le procès continua. [8]»

 

Poton de Xaintrailles signa comme commissaire du roi le traité de capitulation de Bordeaux, le 2 juin 1451, et se trouva à l'entrée du comte de Dunois dans cette ville. Le roi lui donna, par lettres-patentes du 20 juin 1451, la ville et la seigneurie de Saint-Macaire.

En 1452, la vicomté de Brulhois fut vendue, sous condition de rachat, par Jean V, comte d'Armagnac, à Poton de Xaintrailles, moyennant 10.000 écus d'or qui ne furent jamais remboursés. Le Brulhois demeura donc à Xaintrailles et à ses ayant-droit..

En 1453, le roi le créa sénéchal de Limousin. Et après le décès du maréchal de Jaloignes, arrivé en 1454, il devint maréchal de France. Le roi lui confia peu de temps après le gouvernement de Bordeaux. Il établit sa résidence dans le château Trompette , qui venait d'être construit par ordre de Charles VII .

En 1461, suite à l'avènement de Louis XI, Poton de Xaintrailles vint recevoir le serment des habitants d'Agen au nom du nouveau roi [48].

Il mourut la même année, le 7 octobre 1461, au château Trompette, et fut enterre dans l'église des cordeliers de Nérac où il avait choisi sa sépulture [9].

 

 

A la fin de sa vie, Poton de Xaintrailles prenait les titres suivants: «Noble, puissant, magnifique et admirable seigneur Poton de Xaintrailles, Sire de Xaintrailles, Vicomte de Brulhois, Baron de Tonneins , Grateloup, Villeton, Lagruere, Galapian , Ganat, Exparsat; Seigneur de Saint-Macaire, Vally, Mery-ez-Bois, Ménestrel-sur-Sandre, Roqueys, Pujraran, Auterive, Ambrus , Cauvere, Le Grézet ; Avoué de Sarlat, premier Maréchal et grand Ecuyer de France, Chambellan et Capitaine des gens-d'armes du roi, Gouverneur de Guienne et de Berry».

 

Sceau de Poton de Xaintrailles

 

Il avait épousé vers l'an 1436 Catherine Brachet de Vendôme, dame de Salignac en Limousin, fille de Jean, seigneur de Pérusse et de Montagne, et de Marie de Vendôme, dont il n'eut point d'enfants. Par son testament, fait à Bordeaux, le 11 août 1461, il avait légué entre autres biens à Catherine Brachet la seigneurie de Galapian.

 

Les Stuer

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Jehan de Stuer

Par mariage, Galapian échoit ensuite à Jehan III de Stuer, personnage de l’entourage du futur Louis XI. Jehan de Stuer appartenait à une «maison qui a toujours été regardée comme l'une des plus puissantes et des plus illustres du royaume, par l'éclat de ses alliances, par ses richesses immenses, la possession des plus grands fiefs et l'illustration des emplois les plus distingués. (...) Elle doit son nom à la terre de Stuer, qui est située dans l’ancienne enclave du vicomté de Porrhoët, aujourd'hui réunie au duché de Rohan; Et elle y était au rang de le première noblesse dès le XIIIe siècle[10]

Par un acte daté du 3 août 1461, le roi Louis XI nomme Jehan de Stuer sénéchal du Limousin, seigneur de la Barde. Or, cet acte, délivré à Avesnes en Hainaut. Cet acte est postérieur de douze jours seulement à la mort de Charles VII et antérieur au couronnement du nouveau roi, encore sur son chemin vers la France au retour des Pays-Bas bourguignons où il était exilé du vivant de son père. Il s’agirait donc de la plus ancienne lettre de Louis XI en tant que roi, qui est reproduite ici en entier [11]:

«Loys, par la grace de Dieu roy de France à tous ceulx qui ces presentes lectres verront, salut. Comme par le trespas de feu nostre tres chier seigneur et père, que Dieu absoille, la couronne et seigneurie de nostre dit royaume nous soient par la dicte grace advenuz et escheuz et par ce à nous appartiengne de pourveoir aux estatz et offices de nostre dit royaume de personnes souffisans et ydoines et à nous seures et éfables à nostre bon plesir, savoir faisons que nous — ce que dit est considéré, et les grans, louables et recommandables services que nostre tres chier et bien arné Jehan d'Estuer, escuier, seigneur de la Barde, nous a fait par cy devant par long temps, tant alentour de nous et en noz affaires que autrement en plusieurs manieres fait chescun jour et esperons que encore plus face au temps advenir, confians par ce de ses sens, loyauté, souffisance, predommie (sic) et bonne dilligence — à icellui, pour ces causes et autres à ce nous mouvans, avons donné et octroyé, donnons et octroyons de grace especial par ces presentes l'office de seneschal de Limosin, auquel office depuis nostre dit avenement à nostre dicte couronne et seignerie n'avoit encores esté par nous pourveu, comme l'en dit; pour icellui office de seneschal de la dicte seneschaucié de Limosin avoir, tenir et doresenavant excercer par le dit d'Estuer aux honneurs, prerogatives, preheminances, franchises, libertés, gaigez,droiz,  proufiz et emolumens acoustumez et qui y appartiennent tant qu'il nous plaira.

Si donnons en mandemant par ces dictes presentes à noz amés et féaulx conseilliers les gens qui tiendront nostre prouchain parlement advenir à Paris que. prins et receu dudit Jehan d'Estuer le serement sur ce acoustumé, icellui mectent et instituent ou facent mectre et instituer de par nous en pocession et saisine du dit office de seneschal et d'iceilui ensemble des honneurs, prerogatives, preheminances, franchises, libertez, gaiges, droiz, prouffiz et emolumens dessus dits, le facent, seuffrent et laistent joir et user plainement et pasiblement et à luy obéyr et entendre de tous ceulx et ainsi qu'il appartiendra es chouses touchans et regardans ledit office, ostéet debouté d'icellui tout autre illicite detenteur non ayant sur ce noz lectres de don precedans en date ces dictes presentes. Par lesquelles mandons en oultre à noz amés et féaulx gens de noz comptes et tresoriers que par nostre receveur ordinaire en la dicte seneschaucié present et advenir ou autre qui les dist (sic) gaiges a acoustumé de payer, ilz les facent payer et bailler au dit Jehan d'Estuer dores enavant par chescun an aux termes et en la manière acoustumez et par repportant (sic) ces presentes ou vidimus d'icelles fait soubz seel royal pour une foys seulement, avec quictance sur ce souffisant ; nous voulons iceulx gaiges ou ce que payé en aura esté estre allouez es comptes et rabatuz de la recepte du dit receveur ordinaire present et advenir, ou d'autre qui payés les aura par nos dictes gens des comptes, auxqueulx de rechief mandons ainsi le faire sans aucune dificulté. En tesrnoing de ce nous avons fait mectre nostre seel ordonné n l'absence du grant à ces presentes.

Donné à Veynes  en Haynau le IIIe jour de aoust l'an de grace mil CCCC soixante ung et de nostre regne le premier.

Sic signatm supra plicam: Par le roy, les seigneurs de Cursol, Dulau, de Beuvoir et autres presens. Bourre.

Faicte est collation avecques l’original.

J. Albiac, clerc»

 

Jehan de Stuer était un personnage considérable: «sire de la Barde, créé chevalier de l'ordre de Saint Michel à la première promotion, général des armées, conseilleret ministre d'état, premier chambellan et premier écuyer du roi Louis XI, gouverneur de Limousin, de Lyonet Lyonnois, Perpignan, Mâcon , Louvieres et Montélimart, gouverneur de Paris ; ambassadeur en Angleterre , et capitaine de cent lances des ordonnances: il fut nommé maréchal de France peu de mois avant sa mort.».

 

Armes de Stuer

 

Le plus sûr moyen de bénéficier des «gaiges, droiz, prouffiz et emolumens» promis par la roi était de marier Jehan de Stuer à une riche héritière, telle Catherine Brachet. Aussi épousa-t-il «du vouloir et consentement du roi Louis XI, Catherine Brachet de Vendôme, vicomtesse de Bruillois, barone de Tonneins, Gratteloup, Villeton, La Gruere , Xaintrailles , Ambrus , Cromieres , Salignac , le Grezet & la Foretterie ; dame des seigneuries de Hauterive , Casseneuil, Gallapian, Gunat et Esparsat ; veuve et héritière du fameux Poton de Xaintrailles, premier maréchal et grand écuyer de France».

Le 27 août 1487, les coutumes de Galapian étaient copiées «à la requête de noble et puissant Johannes de Stuer, chevalier, et de Catherine Brachet, son épouse, seigneurs de ce lieu de Galapian, de la Barde et de Tonneins-dessous, signant du signe de la sainte croix, disant  « In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Amen».

Il est révélateur que cette version des coutumes de Galapian soit une traduction en français: Jehan de Stuer était en effet le premier seigneur de Galapian non gascon et ne pratiquant donc sans doute pas la langue occitane.

Jehan de Stuer n'eut point d'enfants de Catherine Brachet, qui, devenue veuve, légua la plupart de ses biens à Guillaume de Stuer, frère de son défunt mari, «en considérarion des preuves d'amour, d'attachement et de l’honneur qu'elle avoit reçus de Monseigneur Jean de Stuer son mari».

Guy de Stuer

La seigneurie de Galapian échut au frère cadet de Jehan de Stuer, Guy.

C’est celui-ci qui, en 1525, fonda une chapellenie, et c’est vraisemblablement à lui qu’on doit l’extension de l’église paroissiale St Christophe par l’adjonction de deux chapelles latérales.

Les Brunet

Guy de Brunet, neveu et filleul de Guy de Stuer hérita de son oncle la seigneurie de Galapian. En 1523, cet héritage fut contesté au sein de la famille, et Jean de Brunet, père et administrateur des bien de son fils mineur dut engager une procédure devant le sénéchal d’Agenais pour maintenir la validité du testament de feu Guy de Stuer [12].

Les Boudon de Pompejac

Le 24 septembre 1546, Gabrielle de Stuer, fille de Guy de Stuer, seigneur de Galapian, épouse, devant Gauteron, notaire royal à Galapian, Michel de Boudon, capitaine, écuyer, sieur de l'Hoste. Elle apporte en dot la terre de Pompejac, détachée de celle de Galapian, et Michel de Boudon devient le premier seigneur de Pompejac.

 

 

 

«(…) la carrière de cette maison [de Pompejac] a été purement militaire depuis son origine. Vingt-six officiers de tout grade, depuis celui de cadet-gentilhomme jusqu'à celui de maréchal de camp inclusivement, neuf chevaliers de Saint Louis, trois gardes du corps, un page, deux membres de la Légion d'Honneur; — une ancienneté bien prouvée de plus de trois siècles; — des alliances honorables contractées presque uniquement parmi les anciennes familles du pays, — lui assignent l'une des meilleures places dans les rangs de la noblesse de Guienne» [13]

 

Armes de Boudon

 

Parmi, ceux-ci, «Noble Jean ou Jehan de Boudon, écuyer, seigneur de Pompéjac, en la paroisse de Saint-Christophe, juridiction de Galapian en Agenois, et du château de La Roque- David, fut capitaine des gardes du maréchal de Biron. Il est nommé comme homme d'armes dans le rôle des 60 lances, sous la charge de M. le prince de Navarre, qui firent montre le 10 janvier 1571[14]. En considération de ses services, Jean de Boudon obtint de Sa Majesté, le 8 janvier 1600, la permission de chasser et faire chasser ses domestiques dans l'étendue de ses terres, maisons et environs (…). Le 12 novembre 1600, il obtint du maréchal duc de Biron un brevet de pension de la somme de deux cent cinquante-cinq sols, payable annuellement, et à prendre sur la portion que ledit maréchal de Biron avait sur les revenus de l'abbaye de Clairac (signé BIRON, et SARBAU, secrétaire); enfin, le 2 juin 1622, une sauvegarde par laquelle le roi prenait sous sa protection et sauvegarde les maisons de Pompéjac et de La Roque-David, et les biens en dépendant; pour que les gens de guerre n'y fissent aucun tort ni dommage (Lettres-patentes données à Agen, signées Louis, et plus bas PHELIPAUX). (…)Il vivait encore le 12 avril 1631, époque à laquelle il acquit de M. le marquis de Lusignan quinze quarterées de terre dans la juridiction de Galapian». [15]

«Noble messire Hermand ou Armand de Boudon, écuyer, seigneur du château noble de Pompéjac, en la paroisse de Saint-Christophe, passa procuration, le 19 août 1660, au sieur Balguerie, pour rendre hommage-lige au Roi, de la terre de Pompéjac»[16]


Les Lusignan d’Agenais

 

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Vers la même époque, Galapian passa aux mains des Lusignan d’Agenais :

Jean de Lusignan

Hommage est rendu, le 16 mars 1539, au roi François 1er, par «Nostre cher et bien amé Jehan de Lézignan, escuyer, seigneur du dict-lieu, en personne, es mains de nostre amé et féal chancelier, à cause et pour raison de la terre, seigneurie et jurisdiction du dict Lézignan, de la terre, seigneurie et ,jurisdiction de Gallapian et de la troisiesme partie de la terre, seigneurie et jurisdiction de Clermont-Dessoubs, toutes icelles terres et seigneuries situées et assises en nostre séneschaussée d'Agennois.[17]»

 

Armes de Lusignan

 

Jean de Lusignan, seigneur de Lusignan et de Galapian, était «lieutenant de robe courte» du sénéchal d'Agenais et de Gascogne. Cette charge était importante et enviée par les plus grandes maisons du pays, parce qu'en des circonstances déterminées, elle donnait le droit de commander la noblesse de ces deux sénéchaussées[18].

Henri de Lusignan

Fils du précédent, Henri de Lusignan était l'un des chefs les plus braves et un des plus dévoués du parti protestant. Il fut gouverneur de la ville d'Agen, en 1578 pour Henri de Navarre, le futur roi Henri IV, dont il faisait partie du proche entourage. Le futur Henri IV, qui le tenait en estime, lui confia diverses missions de confiance. Dans une lettre datée de 1580, à Marguerite de Valois, sa femme, Henri de Navarre écrit:

«(…) Nous aurons beaucoup de maulx, beaucoup de difficultés, besoing de beaucoup de choses ; mais nous esperons en Dieu, et tascherons de surmonter tous les desfaulx par patience, à laquelle nous sommes usités de tout temps. Je vous prie, M’amie, commander pour vostre garde aux habitans de Nerac. Vous avés là monsr de Lesignan pour en avoir le soing, s’il vous est agreable, et qui le fera bien. Cependant aimés-moy toujours comme celuy qui vous aime et estime plus que chose en ce monde Ne vous atristés poinct; c'est assés qu'il y en ayt un de nous deux malheureux, qui neantmoins en son mal-heur s'estime d'aultant plus heureux que sa cause devant Dieu sera juste et equitable. Je vous baise un millon de fois les mains.

Vostre bien humble et obeissant mary,

HENRY.»[19]

Henri IV, devenu roi de France, confirme, le 30 septembre 1590, Henri de Lusignan comme «capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances du roy», dans la charge et capitainerie du château de Puymirol.

François I de Lusignan

François I de Lusignan était le fils du précédent.

Il était capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances du roi, chevalier de son ordre; Conseiller aux Conseils d'Etat et privé.

Vers 1610, François de Lusignan consent une donation en faveur des habitants de Galapian faisant profession de la Religion prétendue réformée;

Gouverneur de Puymirol de 1611 à 1621, date à laquelle il remet la place à Louis XIII. L'année suivante, en 1622, le marquis de Lusignan se plaignait de ne pas avoir encore reçu la somme de 50.000 livres qui lui avait été promise, quand il avait remis la ville de Puymirol au roi. [20].)

Le roi Louis XIII voulant récompenser les services importants rendus aux rois ses prédécesseurs par les seigneurs barons de Lusignan, érige la terre et baronnie de Lusignan, située en Agenais, en titre, nom et dignité de marquisat, par ses lettres patentes du mois d'août 1618, vérifiées au parlement de Bordeaux le 2 juillet 1619.

En 1621, François de Lusignan se lie aux protestants de Clairac, dont il s'empare.

Le Parlement de Bordeaux ayant fait arrêter ses deux jeunes filles et cinq caisses pleines de ses effets les plus précieux, qu'il avait envoyées dans cette ville, Lusignan, pour recouvrer à la fois ses enfants et ses trésors, vendit Clairac dont l'Assemblée de la Rochelle venait de lui donner le commandement (Fonds de Brienne, vol. CCXXV). Il en négocie donc la soumission à Louis XIII qui l'en récompense généreusement:

Dans une lettre, datée du 11 mai 1622, de Louis XIII écrit. «(...) le dict sieur de Lusignan sestant remiz avec la ville de Clérac en l'obéissance de sa Majesté, elle lui accorde abollition generalle, tant pour son particulier que pour les habitanz, des crimes et fautes par eux commises contre son auctorité. Entend que ceux de la Religion prétendue réformée seront conservés et maintenus en la dicte ville de Clerac, suivant l'Ediet de Nantes. Comme aussy sa Majesté descharge et tient quicte les habitans de la dicte ville de Clerac du paiement de la somme de cent cinquante mille livres la quelle ils s'estoient obligez lorsque sa Majesté reduisit la dicte place soubz son obéissance. Accorde en particulier au dict sieur de Lusignan, pour luy tesmoigner la confiance qu'elle prend en sa fidélité, le gouvernement de la dicte ville de Clerac et de le faire payer de la somme de cinquante mille livres, de laquelle Sa Majesté luy a cy devant faict don pour le recompenser du gouvernement de Puymirol, dont il estoit pourveu comme aussi de le faire i'advenir payer de sa portion et luy départir ses grands bienfaictz, et tant que par ses déportemens et services a s'en rendre digne»[21]

A partir de 1624, la guerre de religion reprenant dans le Quercy, François de Lusignan s'engage à la tête des protestants.

En 1630, François I engage une procédure devant la chambre de l'Edit de Guyenne contre son fils aîné, François II coupable de l'enlèvement de sa soeur, Olympe, au retour d'un prêche à Galapian.

En 1631, aux termes d'une transaction passée entre François de Lusignan, seigneur de Galapian, et les habitants de Galapian, ceux-ci doivent payer par carterée [22] un sou en argent, quatre picotins de froment, autant d'avoine et un sixième de poule [23]. L'acapte était d'un tiers seulement en argent. Le seigneur se réservait tous les droits de lods et ventes; il renonçait à ses revendications sur un bois commun. Cet accord mis fin à un procès qui durait depuis 58 ans au Parlement de Bordeaux [24].

Quelques années plus tard, le marquis de Lusignan est condamné mort par contumace par la Chambre de l'Edit de Guyenne; il est dégradé de noblesse et a pendant quinze jours son portrait pendu une potence sur la place de la ville d'Agen; ses maisons sont rasées, ses bois sont coupés au pied. [25]

A l'issue de cette vie très agitée, le marquis de Lusignan fait un codicile a son testament le 24 mars 1639 et meurt avant le 17 avril de la même année.

 

François II de Lusignan

François II de Lusignan, 2eme marquis de Lusignan, fait un accord le 13 septembre 1639 avec messire Guy de Lusignan, qualifié baron dudit lieu, et messire Pierre de Lusignan, seigneur baron de Galapian, ses frères, relativement à l'hérédité de messire François Ier, marquis de Lusignan, leur père commun, mort entre le 24 mars et le 17 avril 1639. Cet accord est rappelé dans un acte du 23 avril 1657 [26].

Chargé tout d'abord de la direction générale des troupes levées par le Parlement, François de Lusignan passa ensuite au service de Condé, tout en essayant de se rapprocher du roi. Envoyé en Espagne en 1650 pour solliciter de nouveaux secours, il prit à son retour le commandement des révoltés d'Agenais. En 1652, François II, marquis de Lusignan, reçoit au château de Lusignan le prince de Condé le soir où ce prince avait essayé vainement de s'établir dans la ville d'Agen, et d'y faire résider son frère le prince de Conti et les troupes sous ses ordres.

A la date du 7 novembre 1652, l'acte de fondation de la chapellenie de Galapian par haut et puissant seigneur messire François de Lusignan, marquis du dit lieu, baron de Galapian et Monbalen, lieutenant général des armées de Sa Majesté en province de Guienne «lequel, considérant les grands biens et excessives grâces que la bonté divine luy a desparties et despart incessamment…»[27].

Fait prisonnier, François de Lusignan fut conduit à Cadillac, puis à Pau dont le Parlement fut chargé d'instruire son procès. Reconnu coupable du crime de lèse-majesté, il fut condamné à mort le 15 novembre 1656 et décapité à La Réole [28].

Pierre de Lusignan

Pierre de Lusignan, né en 1604, baron de Galapian, était le fils de François I, et le frère cadet de François II de Lusignan, deuxième marquis de Lusignan.

Pierre de Lusignan fut colonel au service des princes de Condé et de Conti durant les troubles de la Fronde. Il s'y illustra par une rare férocité: On lit dans les Archives communales de la ville de Langon : «En 1651, le prince de Conti estant arrivé dans ceste province, au mois de septembre, et les Bordelais ayant recommencé la guerre et attiré plusieurs autres villes à leur party, la ville de Langon se trouva la seule le long de la rivière qui refusa hautement de signer l'union comme préjudiciable au service du Roy et au bien de l'Estat. La ville eut à endurer le séjour de plusieurs régiments, entre autres le régiment de Galapian, composé de 400 hommes, lesquels demeurèrent trois mois, vivant à discrétion, frappant et assommant les habitants dès qu'ils, paraissaient sur les murs et pillant tout ce qu'ils trouvaient[29].

 

 

 

Mousquetaire

 

«La Mazarinade publiée à la suite, d'après une ancienne copie prise sur l'imprimé aujourd'hui inconnu (Bordeaux, G. de la Court, 1652), raconte avec assez d'intérêt la reprise de Sainte-Bazeille sur les Mazarins, par Pierre de Lusignan, sieur de Galapian. Le gouverneur, Raymond de Lapeyre, seigneur de Lalanne, ne fit pas de résistance (15 août), et les habitants, s'il faut en croire la relation, furent heureux de se rendre aux Princes et «firent connoître qu'ils n'attendoient rien plus que de se désaltérer par une plus douce liqueur après avoir été abreuvés si longtemps de fiel et d'amertume.» Cette belle rhétorique n'empêche pas le savant éditeur de douter de l'humanité de M. de Galapian, et d'attribuer même à la sinistre réputation qu'il a laissée dans l’Agenais l'origine du mot galapian, vaurien. (…)»[30]

Dans une lettre datée du 29 mars 1653, Armand de Bourbon, Prince de Conti [1629-1666] adresse ses remerciements aux habitants de La Réole: «Messieurs les Juratz et habitans de La Réolle, j'ay esté fort surpris d'apprendre, après tant de marques de vostre fidélité et affection au service de monsieur mon frère et ou mien, que quelques malintentionnez, qui sont dans les interestz du cardinal Mazarin par les pensions qu'ils en reçoivent, ayent eu assez de force pour vous persuader d'escouter les propositions qui vous ont esté faittes par les lettres du sieur de Tracy de traitter une neuttralité avec nos ennemis communs; mais je ne l'ay point esté, quand j'ay appris le changement de cette resolution, parce que j'ay tousiours creu que le nombre de nos amys prévaudrait dans vostre ville sur les autres et empescheroit l'effet de cette délibération ; j'envoie le sieur marquis de Galapian pour vous en tesmoigner mes remercimenls et pour travailler conjointement avec vous aux choses qu'il jugera avantageuses pour le service de monsieur mon frère et le mien, et pour le bien de voslre ville. Vous prendrez s'il vous plaist une entière créance en luy sur toutes les choses que il vous dira de ma part, et serez persuadé que je ne vous laisseray manquer d'aucune chose nécessaire à votre conservation, ce qui regardera votre satisfaction tant en général qu'en particulier, ce que vous cognoistrez en tous rencontres et que je suis, Messieurs les Juratz et habitans de La Réole,

Votre affectionné amy.

A. DE BOURBON

De Bordeaux, le 29 mars 1653».

Pierre de Lusignan, après une vie pleine de violences, décéda dans son lit le 6 octobre 1692, à l’âge respectable de 88 ans.

 

Les seigneurs de Galapian aux XVIIe et XVIIIe siècles

 

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Les Balguerie

 

Les Balguerie descendent «d'une famille huguenote de l'Agenais dispersée après la Révocation, mais dont les membres figurent avec éclat dans les Annales du Sud-Ouest les uns peuvent être comptés, vers 1780, dans l'élite des négociants bordelais; d'autres jouent un rôle politique, comme celui qui fut nommé préfet du Gers et baron de l'Empire. (…)
Qu'il s'agisse de former la « Compagnie du pont de Bordeaux », de trouver 1,500,000 francs pour permettre de passer la Dordogne à Libourne, de remettre au gouvernement une somme suffisante pour entreprendre des travaux analogues à Bergerac, à Agen, à Aiguillon, à Moissac, d'améliorer le port du chef-lieu de la Gironde, d'assainir les Landes et d'ouvrir des canaux entre la Leyre et l'Adour, entre Bordeaux et Bayonne, entre la Garonne et le bassin d'Arcachon, qu'il soit question de la « Banque », de la « Caisse d'épargne et de prévoyance », de la construction d'un « Entrepôt réel » pour les denrées coloniales, le nom de Balguerie figure toujours au premier plan» [31].

 

 

 

Armes de Balguerie

 

Galapian n’est pas laissé à l’écart de l’esprit d’entreprise des Balguerie: «L'enquête agricole, de 1760 nous apprend que (…) M. Balguerie de Paillères déclare qu'il a semé, en 1751, des mûriers qui ont réussi il en a 500 de plantés dans ses propriétés de Galapian en 1760 il a élevé une once de «graine de vers à soye» qui lui ont donné 10 livres de soie; en 1761 il se propose d'en élever une once et demie, mais il trouve que les frais que nécessite ce travail sont trop élevés. »[32].

La souche la plus ancienne que nous connaissons est Jean Balguerie [33], né vers 1572 à Clairac, où il fut bourgeois et marchand. Les différentes branches de la famille Balguerie se sont implantées dans divers hameaux et lieux dits de Galapian:

Son fils aîné, Pierre Balguerie sénior épousa Suzanne Desclaux en 1627 au lieu dit Farly[34].

Le fils aîné de celui-ci, Pierre Balguerie junior, né en 1637, décédé en 1717, à l’âge de 80 ans, était bourgeois et marchand de Galapian, et seigneur de Paillières[35]; Il avait un frère cadet, Jean Balguerie, dit des Guillots[36].

Jacob Balguerie, fils aîné de Pierre Balguerie junior, portait le titre de seigneur Paillères, où il habitait, et de sieur de Blanchou[37]. Dns les actes, il était qualifié de bourgeois et de négociant à Galapian.

Une fille du précédent, Jeanne Balguerie, dite de Paillères, épouse vers 1730, son cousin Louis Balguerie de Ramond[38]

Pierre de Balguerie de Larmande, baron de Galapian, ancien capitaine de grenadiers au régiment de Brie, quitta la carrière des armes vers 1761. Il se maria et se retira dans ses terres de l'Agenais. En 1789, il habitait au château de La Mothe-Forest[39], paroisse et juridiction de Galapian.[40].

 «Pierre Balguerie, Seigneur de Galapian, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Agen»[41].

En 1836 encore, une dame Marie Balguerie, propriétaire, alors âgée de 60 ans, figurait dans la recensement de Galapian. Elle était aidée d’un jardinier et de six domestiques.

 

Autres familles présentes à Galapian

En outre, d’autres familles possédaient à Galapian des biens nobles, qui étaient ainsi soustraits du régime fiscal général :

Ainsi, le 30 juin 1623, pour justifier son admission à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Jean de Cours produisit, entre autres pièces, un jugement en sa faveur motivé par l'aveu «de sa maison noble de La Salle et autres lieux dépendants de la dite maison, qu'il jouit noblement, avec les hommages qu'il fait au roy, par laquelle sentence la dite maison de La Salle, appartenances et dépendances, sont déclarées nobles, sujets à la contribution du ban et de l'arrière-ban, et comme tels ordonne qu'ils seront distraits de l'arpentement général de la juridiction du Port Sainte-Marie et Galapian, avec inhibitions et défenses aux consuls de la ville du Port ny Galapian de les mettre et comprendre dans les cadastres ny leur faire payer aucune taille, attendu que le dit seigneur de La Salle est tenu et sera tenu cy après lui et ses successeurs servir le roy lorsqu'il lui plaira faire convocation du ban et de l'arrière-ban de la noblesse[42].

Quelques années plus tard, Jean-Jacques de Cours, qualifié seigneur de Saint-Gervasy, d'Espalais, La Terrade, Quintran, et Montlezun, céda, le 6 août 1628, à son frère Carbon, seigneur des Barthes, ses droits sur la terre de Galapian [43]

D’autre part, le 21 novembre 1657, messire Joseph de Laurière [44], seigneur baron de Moncaut, en Bruilhois, avait fait en faveur de sa dite fille, Marie, un contrat de vente de métairie de Martet[45] noble de taille et de rente, située dans la juridiction de Galapian. Noble Marie de Laurière était alors veuve de noble Jean de Fourcade [46].

Avec le temps, le nombre de terres concédées aux nobles – sorte de «niches fiscales» avant la lettre -- alla croissant en Guyenne: «pendant que le gouvernement s'était efforcé, surtout à partir de 1720, de restreindre entre les mains des bourgeois la possession des francs-fiefs, était intervenu un arrêt du Conseil défendant aux communautés d'habitants d'acquérir des domaines sans y être autorisées par les Intendants des provinces, pour les protéger sans doute contre des entraînements de liberté que ne justifiait pas l'état de leurs finances. Ne semble-t-il pas qu'on veuille, en entravant l'affranchissement des communes rurales, ouvrir plus largement encore la carrière à la nouvelle féodalité qui tend évidemment à se former? Tout y pousse, jusqu'à la facilité avec laquelle le Roi consent à déléguer son droit de prélation, sorte de retrait féodal qui consistait dans la faculté qu'avait le seigneur de demander à être préféré à tout acquéreur étranger d'une terre située dans sa seigneurie. De 1714 à 1736, de nombreuses concessions de cette nature furent faites dans la généralité de Guyenne. Ainsi, voit-on le Roi sollicité de déléguer son droit de prélation dans les terres de son domaine, (…) en faveur du président Dalbessart, pour la terre de Galapian, en Agenais, qu'il venait d'acquérir le 17 août 1732»[47].



[1] Voir «Le château de Fauguerolles» par J.R. Marboutin, in La Revue de l’Agenais t.30, 1903.

[2] Voir «Hommage des Seigneurs de l'Agenais au comte de Toulouse, en 1259»

[3] Voir «Histoire de la ville d'Aiguillon et de ses environs», par l'abbé R.-L. Alis, 1895

[4] Voir «Foedera, conventiones, literae et cujuscunque generis acta publica...», par Thomas Rymer, T.3, p.531, 1727.

[5] Voir «Étude sur les chroniques de Froissart.-Guerre de Guienne. 1345-1346 ... », par Bertrandy-Lacabane, 1870.

[6] Source: «Biographie universelle ancienne et moderne» t.45, 1843.
On dispose sur internet de multiples notices biographiques sur Poton de Xaintrailles, personnage populaire s’il en est. Par exemple : Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume... .T.7 , par le P. Anselme, 1733.

[7] Source: «Les Ecuries royales sous Charles VI et Charles VII» par H.Lemoine, dans le Bulletin philologique et historique, 1928-29

[8] Voir « Note historique sur la ville de Tonneins », par A.Lagarde, 1882.

[9] Source : «Recherches historiques sur la ville et les anciennes baronnies de Tonneins», par Louis Florimond Pierre Lagarde, 1833.

[10] Voir : «Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane». T 9, par L.Moreri,, 1759.

[11] Voir : Documents limousins des archives de Bordeaux (Archives historiques du Limousin..., 1912, t. XII, p. 47-49).

[12] Deux pièces, datées du 20 mai 1523 et du 29 juin 1524, relatives à cette affaire sont conservées aux Archives départementales du Lot-et-Garonne, sous la référence 1 J 253.

[13] La généalogie de la maison de Pompejac est amplement détaillées dans le Nobiliaire de Guienne et de Gascogne, par G. O'Gilvy et P.J. Bourrousse de Laffore, 1858, auquel on peut se référer.

[14] Voir «Histoire de la Gascogne …» par l'abbé J.J. Monlezun, T. VI, p. 162.

[15] Voir «Le Nobiliaire de Guienne et de Gascogne», par G. O'Gilvy et P.J. Bourrousse de Laffore, 1858.

[16] Voir «Le Nobiliaire de Guienne et de Gascogne», par G. O'Gilvy et P.J. Bourrousse de Laffore, 1858

[17] Voir «Les Lusignan du Poitou et de l'Agenais», par J.de Bourousse de Lafore, in Revue de l’Agenais, T.8, 1881, p.417.

[18] Idem, p.418.

[19] Voir «Recueil des lettres missives de Henri IV», par M. Berger de Xivrey, T.1, 1843.

[20] Voir «Coutumes de Puymirol en Agenais», par H.-E. Rébouis,

[21] Voir «Les Lusignan du Poitou et de l'Agenais», par J.de Bourousse de Lafore, in Revue de l’Agenais, T.8, 1881,

[22] A Galapian, 1 carterée valait 87,523 ares. Voir «Tables des rapports des anciennes mesures agraires avec les nouvelles» par François Gattey, 1812.

[23] A titre de comparaison, G.Tholin estimait la moyenne des redevances seigneuriales au XVIIIe siècle en Agenais à 1 livre 10 sols (soit 30 sols) par carterée. Monbalen – autre possession de François I de Lusignan -- donnait à la fin du XVIe siècle un sol, 2 picotins de froment, un tiers de picotin d'avoine, soit légèrement moins que Galapian. Cours par contre payait au milieu du XVIIIe siècle vingt-trois sols, deux picotins et demi de froment, un et demi d'avoine, soit beaucoup plus que Galapian. Ces redevances seigneuriales intervenant pour la moitié environ des impositions annuelles fixes. Les terres situées dans les juridictions royales étaient beaucoup plus légèrement imposées que les terres seigneuriales, à raison d’un sol par carterée. Les redevances seigneuriales de Galapian étaient donc relativement légères par rapport à la moyenne, et se rapprochaient sensiblement de la redevance royale. Voir à ce sujet «Du Franc aleu» par P. Lanéry d'Arc, 1888.

[24] Voir «les Limites de la Juridiction d'Agen au Moyen-Age…», par G.Tholin, in Recueil des travaux de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, T.10, 1887.

[25] Voir «Les Lusignan du Poitou et de l'Agenais», par J.de Bourousse de Lafore, dans la  Revue de l’Agenais, T.8, 1881, p.496.

[26] Voir «Les Lusignan du Poitou et de l'Agenais», par J.de Bourousse de Lafore, dans la Revue de l’Agenais, T.8, 1881, p.498.

[27] Idem, p.500.

[28] Voir «La fronde en Guyenne», par M. Dast de Boisville, in Archives historiques du département de la Gironde, T.30, 1895.

[29] Voir Archives communales de la ville de Langon (CC. 2), cité dans l’«L'église métropolitaine et primatiale Saint André de Bordeaux» T. 2, par J. Lopes, 1882. On peut se faire une idée du genre d'individus incorporés dans le régiment de Galapian dans «Un soudard agenais au temps de la fronde», par G. Tholin, dans la  Revue de l’Agenais, T.26, 1899.

[30] Voir «Une mazarinade inconnue», par Ph. Tamizey de Larroque, in Revue de Gascogne, T.25, 1884. Sur l’assimilation de Galapian à «vaurien», voir: Etymologie de Galapian.

[31] Voir «Revue historique», T.132, 1919.

[32] Voir Revue de l’Agenais, T.34, 1907.

[33] Voir la généalogie complète des Balguerie sous l’ancien régime sur Geneanet..

[34] Farly: lieu-dit de Galapian, à l’est du bourg, sur la route de St Salvy.

[35] Paillières: lieu-dit de Galapian, sur les coteaux au NE du bourg ; un «château» y subsiste, décrit dans l’Inventaire général du patrimoine culturel sous la référence IA47000885.

[36] Guillots: hameau de Galapian, au NO du bourg ;

[37] Blanchou: hameau de Galapian, à l’entrée Ouest du bourg;

[38] Ramond: lieu-dit de Galapian, au SO du bourg, vers Lagarrigue ;

[39] Lamothe-Forêt: Hameau de Galapian, au NO du bourg ; un «château» du XVIIIe s. y subsiste, décrit dans l’Inventaire général du patrimoine culturel sous la référence IA47001036.

[40] Voir Revue de l’Agenais, T.32, 1905.

[41] Voir «Dictionnaire des familles françaises…» par C. de Chaix d'Est-Ange, T.2, 1904. Voir aussi «Catalogue des gentilshommes de Guienne, Agénois et Bazadois…», 1864

[42] Voir «Maisons historiques de Gascogne», par J.Noulens, 1863.

[43] Voir «Maisons historiques de Gascogne», par J.Noulens, 1863.

[44] Joseph de Laurière, Baron de Moncaut, Maître de Camp d'un Régiment d'Infanterie épousa, le 17 Février 1622, Marie de Lusignan, fille de François I de Lusignan. Voir le «Dictionnaire de la noblesse», T11, 1867.

[45] Martet: lieu-dit de Galapian, au Nord du bourg

[46] Voir «Nobiliaire de Guienne et de Gascogne», par M. O'Gilvy, T.3, 860.

[47] Jean-Baptiste Dalbessart, qui était déjà avocat général en 1702, était devenu, en 1726, président à mortier, en remplacement de Montesquieu, qui s'était démis en sa faveur. C'était un jurisconsulte fort distingué par son mérite. Il mourut le 1er août 1747, à l'âge de soixante-douze ans. Voir «Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux», 1860

[48] Source: Archives municipales d'Agen, cote AA.41, cité par G.Tholin dans les «Aperçus généraux sur le régime municipal de la ville d'Agen au XVIe siècle», 1887,  p.17.